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DÉMARCHE

«…cette stratégie en est une sans but: c’est ce que je tiens et qui en retour me retient dans sa poigne, la stratégie aléatoire de quelqu’un qui admet ne pas savoir où il va… J’aimerais aussi que ce soit une force d’impulsion que cette envolée garde jusqu’à la fin, une joyeuse contradiction, un désir désarmé, quelque chose de très vieux et de très rusé, mais aussi une chose nouvellement née qui se réjouit de sa vulnérabilité.»

Jacques Derrida, The Time of a Thesis: Punctuations, in Philosophy in France Today, ed. Alan Montefiore, Cambridge University Press, 1983, pp. 34-50.

Fortement touché par cette citation du philosophe français Jacques Derrida, je me dis souvent qu'elle pourrait facilement décrire mon approche de la création artistique.

Utilisant des approches formelles et conceptuelles, mon travail joue délibérément sur le mélange et la juxtaposition de stratégies créatives en rapport avec le modernisme et l'art contemporain. Je mélange les idées et les intuitions, avec le jeu matériel et l'invention, en privilégiant l'immédiateté à l'ennui, le questionnement et l'ouverture aux conclusions et aux affirmations.

Je travaille souvent avec des objets récoltés dans ma vie quotidienne.  Pour moi, recontextualiser les objets en tant que "matériaux d'art" est une façon d'attirer l'attention sur la signification parfois cachée des objets, sur le rôle qu'ils jouent dans notre vie et sur ce que nous pensons être et ne pas être de l'art.

 

BIOGRAPHIE

Michael A. Robinson vit et travaille à Montréal. Il enseigne la sculpture et le dessin au département des arts visuels et médiatiques de l'UQAM (depuis 2007) et, depuis peu, il est artiste en résidence à temps plein, en maîtrise en sculpture, à l'Université Concordia (2016-2017). Il est titulaire d'une licence en beaux-arts de l'Université Concordia, à Montréal, et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne.  Michael est un artiste multidisciplinaire, producteur d'installations sculpturales, de dessins, d'œuvres moulées et d'œuvres basées sur l'image, qui examinent le geste créatif, ses conditions d'émergence et la position de l'artiste face aux conventions du monde de l'art. Travaillant dans l'immédiateté, son travail valorise le questionnement et l'ouverture sur des conclusions et des affirmations. Son travail est réflexif, critique et matériellement spéculatif. 

Parmi ses expositions personnelles récentes, citons The Object as Evidence, SL Gallery, New York, 2019, The Gift of Oblivion 2018, Galerie Diagonale, Montréal, et Either/And 2016, qui a été présentée à ArtHelix, Brooklyn, New York et Black Period. Les expositions de groupe comprennent Spring Break Art Show NYC, 2020, Other Worlds, Washington Project for the Arts, Washington D.C., 2016 et Diphthong, Shirley Fiterman Gallery, New York, New York, 2015. Ses œuvres font partie de nombreuses collections publiques et privées, telles que le Museé d'art contemporain de Montréal, le Musée national des beaux-arts du Québec et la Banque d'œuvres d'art du Conseil des Arts du Canada.

 

THE GIFT OF OBLIVION

« L’oubli, l’attente. L’attente qui rassemble, disperse ; l’oubli qui disperse, rassemble. L’attente, l’oubli. »
Maurice Blanchot, “L’Attente l’oubli”

The Gift of Oblivion est une tentative pour présenter des images et des idées dans leur état de devenir.  Pour cette raison, toutes les œuvres de l’exposition sont « voilées », de diverses manières, matériellement et à travers des idées.

Plus précisément, l’exposition met en avant les « débuts » créatifs plutôt que les « fins » ou leur aboutissement, dans l’espoir de générer des moments d’anticipation et d’animation suspendue.

Autoanalytiques et réflexives, les installations et les images présentées naissent d’une « phénoménologie de tous les jours », susceptible de se développer à partir de n’importe quelle situation ou à tout moment (comme le fait de faire défiler les images sur Instagram ou de bouquiner dans une librairie).

En explorant la matérialité de la lumière, « l’image » en tant qu’« objet », et la matérialité des titres, The Gift of Oblivion examine également des aspects moins fréquemment abordés de la matérialité sculpturale et leurs relations avec la pratique de l’installation en art contemporain.

Pour Robinson, il n’existe rien de plus satisfaisant que l’oubli dans lequel tout est possible.  Un oubli dans lequel tous les objets sont également porteurs de potentiel et où la différence entre choisir ou fabriquer importe moins que de donner forme et poids au médium de l’expérience. C’est ainsi que l’oubli peut aussi être considéré comme un don.

 

DESSINER AVEC DES OBJETS À TRAVERS L'IMAGE

Ces nouvelles œuvres basées sur l'image sont une extension de ma pratique du dessin qui a toujours été un aspect important de ma production artistique. Elles sont également ancrées dans les expériences qui se produisent au cours de ma pratique en atelier ; des découvertes qui nourrissent mes projets d'installation.

Travailler avec l'image est devenu pour moi une façon de partager la spontanéité et l'invention qui se produisent au quotidien, mais qui n'aboutissaient jamais auparavant à des œuvres achevées. Comme c'est le cas pour tous mes travaux, ils sont parfois conceptuels et parfois strictement formels. Mais elles sont toujours pour moi des découvertes passionnantes et ont fait de ma pratique quotidienne une aventure.

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